EDITO..


     L’influence des teams pirates est indéniable, surtout dans un marché encore embryonnaire. Face à une offre de contenu encore limitée et parfois de piètre qualité (nous ne manquerons pas de revenir sur cette question), force est de constater que l’offre illégale est souvent de bien meilleure qualité. Les teams d’ebooks sont-elles les corsaires de l’édition numérique ? Verra-t-on émerger des éditions revues et corrigées par les lecteurs, tant les éditeurs semblent s’affranchir de certaines étapes essentielles du travail éditorial ?

     Une fois de plus, il est bon de rappeler que la présence de DRM ne protège pas les fichiers de leur diffusion illégale. Nous ne ferons que répéter que ces mesures de protection sont illusoires et que l’abandon de tels dispositifs sera bénéfique au développement du marché. Supprimer les DRM, c’est rendre les ebooks hackables, transportables sur n’importe quelle plateforme et libres de permettre à l’utilisateur de les lire selon son propre usage de lecture numérique (application et niveau de partage). Et puis, cela permettra aux lecteurs de corriger les coquilles...

     Franchement ... les gros éditeurs français vendent très cher des ebooks de mauvaise qualité, le tout sous des DRMs fort restrictives (et parfaitement inutiles puisque toutes les DRMs actuelles sont crackées au point qu'il existe des logiciels pour les retirer en deux clicks), la surprise ça serait qu'il n'y ait pas de piratage...

     Quand on pense que des bénévoles, ne gagnant rien à cela, passent de très nombreuses heures à réaliser des eBooks *multiformats* de très haute qualité et que des maisons d'éditions (centenaires pour ce qui concerne Gallimard) n'y arrivent pas, c'est à mourir de rire … ou à pleurer, au choix …

     Le mieux qu'on puisse faire est de pointer du doigt les éditeurs et de leur mettre le nez dans la merde. 16,80 € pour un livre numérique truffé de fautes, c'est choquant. Les DRMs prouvent que les éditeurs ne font pas confiance aux client ; il faut aussi que les clients ne fassent pas confiance aux éditeurs et demandent des facilités de remboursement des livres de mauvaise qualité, comme un produit défaillant

     Les ebooks commerciaux sont d’un niveau très inégal, en terme de qualité et d’ergonomie. Je pense que le développement du marché du livre numérique doit se faire avant tout sans concessions sur la qualité des textes commercialisés pour faciliter l’émergence d’usages de lecture numérique et limiter l’essor du piratage.

Affaire à suivre...